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ALES : HOPITAL PUBLIC, CLINIQUE PRIVEE, PRIVATISATION ET CONCURRENCE

dimanche 20 juillet 2008, par Jean-Louis FIOLE

Le Comité d’ALES de défense de l’hôpital public est de nouveau confronté à une attaque sournoise contre l’hôpital public (présence active des " Alternatifs" et de l’élu municipal « al-ternatifs » d’opposition au maire UMP Roustan , droite ultralibérale et populiste, président du CA de l’hôpital) par le biais du service des Urgences.

La situation est plus complexe que la fermeture brutale de tel ou tel service et concerne un hôpital général, intermédiaire entre le CHU et l’hôpital de proximité.

Elle est consécutive à l’accord donné par l’ARH du Languedoc-Roussillon il y a 2 mois à la clinique privée (à but théoriquement non lucratif) d’ouvrir sur la ville un service d’urgence 24h sur 24, mettant ainsi en concurrence le service public, bien développé, compétent, et ayant le matériel nécessaire, et celui en voie de développement du privé.

Notre comité s’est battu il y a 9 ans pour le maintien des urgences, alors que l’ARH de l’époque voulait en déclasser 9 sur 12 dans la région, ne maintenant que des pôles hospita-liers lourds : Montpellier, Nîmes , Perpignan.

On nous disait alors qu’avec notre population nous n’avions pas besoin d’un service d’accueil des urgences (SAU). 9 ans après, avec un bassin de santé a peine plus étoffé, il y aurait de la place pour deux services de cette importance !!!!

Il n’y a pas manifestement pas la nécessité, dans un bassin de 160 000 habitants, de deux ser-vices d’urgence ouverts 24h sur 24, avec avec en aval la réanimation, l’unité de cardiologie type soins intensifs (USIC), et fonctionnant avec un personnel hautement qualifié dont 12 médecins urgentistes assurant les gardes 7 jours sur 7, 24h sur 24.(cela est confirmé par la conférence des médecins urgentistes de notre département du Gard).

La conséquences de cette autorisation sera le dégradation progressive du service public, qui ayant moins de passage verra ses moyens amputés par l’ARH, avec des difficultés à recruter des médecins. Les services d’aval ne pourront que perdre des moyens, voire être récupérés par le privé : on connaît leurs vues pour récupérer l’USIC .

Cela correspond à la seconde phase du projet sarkosien : les facilités pour le privé concurren-çant le public dans sa mission d’accueil des urgences. C’est, avec les plans de coopération imposés, la récupération des services rentables à fortes rotation, la destruction de cette clef de voûte des hôpitaux.

Ultime scénario catastrophe dans les conséquences à envisager : avec tout ce qui se passe dans la santé, par un retour de situation programmée, ces deux services se concurrençant, les futu-res ARS auront tôt fait de les déclasser en services banaux et d’envoyer tout le monde au CHU de Nîmes .

La situation d’ALES est d’autant paradoxale qu’un hôpital général sort de terre, après 9 ans de lutte, à la pointe de l’urbanisme hospitalier et avec un service des urgences qui devrait se développer avec plus de 30000 entrées par an.

Ça n’a rien d’une politique cohérente en matière de santé globale, puisque la maison médicale de ville orientant 6 à 7000 urgences ou semi-urgences sera prise en sandwich, : mais bien en cohérence avec le développement des cliniques privées et la mise en concurrence avec le pu-blic. La tarification à l’activité (T2A) est l’instrument financier de ce démantèlement progres-sif de l’offre hospitalière publique, l’hôpital public ne pouvant assurer son financement avec cette seule T2A.

Le déficit hospitalier est de 1 milliard d’euros en 2008, et la ministre ne débloquera rien du tout (déclaration récente de R. Bachelot aux « Echos »)..Selon les directeurs de la FHF il en faudrait 4 de plus, pour assurer les missions de l’hôpital public.

La politique du gouvernement est ainsi mise en œuvre d’une manière pernicieuse, comme chez nous à Ales.
L’exemple de ce qui se passe à ALES est emblématique de la politique santé du gouverne-ment.
Le rôle du maire Roustan est plus qu’ambigu : président du conseil d’administration, il prône la concurrence, et il est bien probable qu’il ait agi dans l’ombre ministérielle pour obtenir cette autorisation de l’ARH.
A une question que je lui posais lors de la dernière séance du conseil municipal sur le devenir des urgences dans notre hôpital, il répond par une pirouette : je suis un habituel inquiet.

C’est l’usager, la personne malade qui en fera les frais, soit par un accueil à minima dans le public, et l’obligatoire complémentaire pour le privé, d’où une inégalité d’accès pour ceux qui avec des ressources modestes iraient dans le privé volontairement ou contraint par l’urgence. Et même dans les accueils d’urgence il n’est pas assuré qu’il n’y ait pas une cer-taine sélection !!!

Avec la perspective d’un scénario catastrophe, imposé par l’ARH ( futures ARS, agence ré-gionale de santé) qui devant la guerre voulue par le privé, déclasse tout le monde et oriente les urgences vers le CHU de Nîmes à 45 km d’Ales….et 80 pour les villages cévenols !!

Nous en sommes, avec les dépassements d’honoraires, les franchises et autres forfaits, dans une médecine à trois ou quatre vitesses, avec le développement devenu obligatoire des com-plémentaires, les cliniques pratiquant le dépassement systématique d’honoraires, (on pense d’ailleurs qu’ici, le but ultime pourrait être de vendre aux fonds de pension ou autre générale de santé une clinique ainsi valorisée).

Des indices confortant notre analyse foisonnent : c’est l’attribution il y a quelques mois à cette clinique d’une IRM fixe (imagerie résonance magnétique), méthode d’examen radiographique indispensable, alors qu’elle était aussi demandée par l’hôpital public ; le développement en deux ans des bâtiments flambants neufs de cette clinique (après avoir absorbé deux petites structures), quasi équivalent au nouvel hôpital sur la ville, les deux ayant le même nombre de lits, le public étant en gestation depuis 8 ans et qui ne sera terminé que dans 2 ans !! La direction de l’hôpital semble bien contrariée (sic).

Mais devant le forcing du privé on voit mal une entente avec des coopérations à minima .

Le Comité a eu des articles dans la presse (la marseillaise et le midi libre) et nous avons eu un entretien avec Radio France Bleu Gard-Lozère, une interview à France 3 Gard-Lozère.

Nous avons rencontré le sous préfet qui n’est pas concerné ! (ce sont les ARH), mais nous lui avons demandé de retransmettre notre souhait de voir pérenniser les moyens pour le ser-vice public.

Rendre public ces problèmes pernicieux et dont on ne mesure pas toujours les enjeux cachés nous parait indispensable. Nous demeurons dans une expectative….armée

Jean-Louis Fiole, Conseiller Municipal « Alternatifs » d’ALES
Président Comité de défense de l’hôpital public .

P.-S.

Le Comité de défense de l’hôpital public et de promotion de la santé dans le bassin de santé du Haut Gard, de la basse Ardèche et de la basse Lozère, adhère et soutien les initiatives de la Coordination de défense des maternités et hôpitaux de proximité.
L’exemple de Saint-Afrique, et plus récemment de Carhaix en Bretagne, montre qu’une résis-tance bien pensée et bien organisée peut payer.
La popularisation des luttes des 150 Comités avec une réflexion approfondie sur les prati-ques, les méthodes et la politique de santé du gouvernement, est un enjeu fondamental.
Cette Coordination participe avec d’autres à la défense du service public.

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