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Le rapport Larcher : la riposte doit péter la santé

vendredi 11 avril 2008, par Jean-Louis FIOLE

Ce rapport accouche de 16 propositions mettant en musique la
détermination de l’état à démanteler un peu plus le système de santé à travers la réorganisation des hôpitaux : la réforme pour "mieux répondre aux besoins des patients" et "assurer la continuité des soins"

Il y a de la suite dans les idées : il y dix ans l’ARH Languedoc-Roussillon ( agence régionale de l’hospitalisation) voulait que les six hôpitaux généraux (en dehors de Nîmes et Montpellier) perdent leur capacité d’accueillir les urgences, et donc de devenir des pôles très secondaires ne correspondant pas aux besoins de la population des bassins de santé (pour celui d’ Ales : 160000 habitants).
Ces problématiques étaient généralisées sur tout le territoire de l’hexagone.

La lutte pour s’y opposer permis de maintenir ces urgences et au delà de
montrer l’obsolescence d’un vieil hôpital .un hôpital neuf avec un projet
médical adapté a pu voir le jour malgré les incessantes remises en causes, mais qui ne suffirent pas devant l’obstination de la population
toute entière .

Le rapport

Ce rapport, après une concertation qui comme toujours laissa de côté
les défenseurs d’une autre vision de l’offre de soins hospitaliers, part
d’un présupposé : le coût élevé des hôpitaux, ce que beaucoup
d’économistes contestent, vu les sommes dues par les réductions de
cotisations aux entreprises, le chômage, l’absence de volonté d’ouvrir
l’assiette des cotisations.

En outre c’est tout simplement un problème de choix politique, de choix de société : ne faut il pas augmenter la part du PIB consacré à notre santé,qui est une des deux préoccupations majeures des habitants, car l’augmentation des coûts est inévitable pour de multiples raisons.

D’ailleurs, plus que d’une baisse des coûts, ce que visent les "contreréformateurs" c’est une répartition différente
de l’énorme fromage financier.

On aurait, si l’on était naïf, pensé qu’il valait mieux partir pour ce rapport des besoins de santé des populations, de la proximité,de l’accès égal pour tous quels que soit ses moyens financiers ( qui sont les missions de l’hôpital public).Non,on part pour faire des économies !!!!

Comment Larcher veut faire évoluer le système

Essayons de décrypter, les principaux articles, et de voir sous les pavés compliqués, les termes techniques et administratifs, la réalité des choses.

_1ère proposition _"..redéploiement de l’offre vers le moyen séjour et le médicosocial "
Dès la première proposition, le panorama est planté : c’est de faire évoluer tous les petits hôpitaux de proximité vers des maison de repos ou de retraite, du médico-social, donc la suppression de beaucoup d’hôpitaux et de maternité de proximité.

_4ème proposition_ " améliorer l’organisation des soins non programmés

La mission des nouvelles ARS (agence régionale de santé) sera de
planifier et de surveiller la mise en œuvre de ces propositions !!

avec la mise en œuvre dans les regroupement de la" pertinence économique" : en clair la rentabilité , la concurrence qui sera organisée (libre et non faussée !!!).

La T2A qui est un mode de financement des hôpitaux est le bras armé de ces réformes, incitant à produire des actes rentables alors qu’on sait que la médecine hospitalière publique intègre d’autres paramètres dans les soins , la prévention, la complexité des maladies.....,l’accessibilité aux plus démunis.

_5ème proposition _" favoriser....les communautés hospitalières de
territoire".

A travers la complémentarité proposée entre privé et public, il est évident que ce qui se passe actuellement c’est à dire la récupération du rentable par le privé, est d’actualité !

A Ales on voit un appareil IRM ,cher,alloué au secteur privé,alors qu’on
investit 125 millions d’euros dans un hôpital neuf.

_6 ème proposition_** "aménager les conditions de prise en charge de
l’offre de soins par les cliniques"

Par convention, on pallie a la pénurie des médecins (qu’on sait organisée avec le numérus clausus depuis plus de 20 ans) par l’irruption de médecins privés, payés en fonction des résultats _(11e proposition). _

_7ème proposition_ " faire évoluer les règles de gouvernance "

Quelle gouvernance : ce sera le règne de l’administration, avec rôle des
directeurs de caisses sous la baguette de ces ARS et où les usagers,
voire élu(e)s ,et syndicats feront office de figurants.

_9ème proposition_ :"moderniser le statut de l’hôpital public"

C’est tout simplement instituer un statut permettant la mise sur le marché de l’offre hospitalière.

_13, 14, 15 ème proposition _ la prévention,les enquêtes épidémiologiques en liaison avec le rôle des instance locales, des usagers est oublié.

Dans ces 16 propositions, il n’y a pas trace des demandes d’économies du ministre Woertz (5 milliards d’euros pour la Sécu et les hôpitaux (cf
article du Quotidien du Médecin du 9-4-2008) à trouver d’ici 2011,
s’ajoutant aux 7 milliards d’euros à trouver sur les fonctionnaires
(donc employé(e)s hospitaliers).

En clair : moins d’employé(e)s dans les service public.

Et lorsqu’on évoque la cherté de la santé qui, avec les franchises et
autres frais à charge, laisse apparaître qu’ une grande partie de la
population ne peut se soigner, la ministre Mde Bachelot répond par : les
mutuelles, ou que chacun peut faire un effort !!

L’effort pour se déplacer dans un hôpital ou une maternité à 50 ou 80 km, ? L’effort pour payer des dépassements d’honoraires systématiques dans le privé.

On approche du système de santé américain ,conforté par l’achat de
nombreuses cliniques privées par des fonds de pension
internationaux, exigeant 10 à 15% de rentabilité, amenant à terme une
privatisation de tout le système, réservant au public la gestion du
médicosocial.

La création d’une quatrième caisse "dépendance" pourrait aller dans ce sens.

Inventeurs de la sécu à la française ,réveillez vous !!! La solidarité, le droit à la santé pour tous de proximité,de qualité fout le camp.

Ces propositions doivent être rejetées par l’assemblée nationale, les
populations, les syndicats, les associations,les partis politiques,les
usagers..

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