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EUROPE

UNE SURDITE INTERESSEE

Paul Oriol

mardi 17 juin 2008

La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple sauf quand le
peuple ne dit pas ce que les politiques souhaitent : « Vous avez le droit
de voter oui ou non à condition de voter oui. Au cas où vous voteriez non,
on vous fera revoter en changeant une virgule (pour le Danemark) ou sans
rien changer du tout (précédant référendum en Irlande) afin que vous
votiez oui et même ont fera semblant de changer quelque chose sans vous
appeler à entériner ce changement (France et Pays-Bas).

Si on veut des réponses claires, il faut poser des questions claires. Et
non poser deux questions auxquelles on ne peut donner qu’une seule réponse
qui est ensuite interprétée comme si c’était la réponse à une troisième
question non posée !!!

La première question est : Quelles institutions voulez-vous pour l’UE ? La
réponse démocratique ne peut être apportée que par l’élection d’une
Constituante dont la seule tache sera de mettre sur pied une constitution
(rapports entre pouvoir législatif, exécutif et judiciaire au niveau
européen et les rapports de ces pouvoirs européens avec les pouvoirs
nationaux correspondants). Il faut ensuite soumettre la constitution aux
peuples par référendum. Elle sera appliquée à ceux qui l’accepteront. Les
autres pourront avoir un statut d’associé.
La deuxième question est : Quelle politique voulez-vous pour l’UE ? C’est
un Parlement européen élu sur ces bases qui décidera.

En voulant faire passer une politique économique, sociale, étrangère,
militaire.... sous couvert de traité institutionnel, on s’expose à de
déboires. Et on en tire la conclusion que ceux qui ont refusé le projet,
sont contre l’Europe. C’est possible pour certains mais l’Irlande est,
d’après les sondages, le pays le plus favorable à l’Union. Et il dit non à
un traité alambiqué qualifié de simplifié.

Au total, cela fait 3 pays refusent le traité ou son succédané (France,
Pays-Bas, Irlande) et 2 qui l’ont accepté (Espagne, Luxembourg). Les
autres gouvernants se sont bien gardés de demander leur avis au peuple
pour ne pas être désavoués. Tout ceci montre bien que les élus n’ont pas
la confiance des électeurs. Ils le savent. C’est pourquoi passé l’élection
rituelle, ils s’empressent de mettre leur politique à l’abri de tout
jugement démocratique.
Et le non des peuples ne s’adresse pas obligatoirement à l’Union
européenne mais aux politiques, (la chose et les hommes), qu’ont veut leur
imposer.

Reste qu’à nouveau s’ouvre un espace d’initiative pour ceux qui veulent
une autre Europe. Et ce n’est pas en revendiquant et décrivant l’Europe
idéale que nous voulons (sociale, écologique…), que nous y arriverons.
Parce que les institutions ne sont pas démocratiques et que nous pouvons
avoir une majorité d’idées sans avoir la possibilité institutionnelle de
les faire passer. Tant que nous n’aurons pas changé la règle du jeu, nous
perdrons sauf mouvement social transnational très important.

C’est donc d’une assemblée constituante élue au suffrage universel dont
nous avons besoin. A cette idée de Constituante nous pouvons rallier des
démocrates qui ne partagent pas toutes nos idées. Même ceux qui sont
contre l’UE peuvent être pour une Constituante car le débat portera sur le
type d’institutions que nous voulons : Europe, fédérale, confédérale, des
Etats ou seulement marché.

Mais qui veut d’un vrai débat sur l’Europe ? En attendant, la seule Union
qui fonctionne est celle des affaires avec la complicité des gouvernants.

Sans volonté de bouleverser les choses par une pratique démocratique, le
non irlandais comme les non français et néerlandais, ne seront qu’un
moment de contrariété. Et tout continuera comme avant.

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